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HISTOIRE DE LA SAINT BARTHELEMY  (d'aprs Wikipdia)

 

 

 
Le chteau de Madrid, lieu de rsidence de la cour pendant l't 1572
 
Le Massacre de la Saint-Barthlemy, d'aprs Franois Dubois
 
Le Louvre d'Henri II
Mdaille commmorative l'effigie du pape Grgoire XIII.
 
extrait du tableau peint par Franois Dubois
Catherine de Mdicis est reprsente en train de dvisager les cadavres
Gravure allemande reprsentant l'attentat perptr contre Coligny.

 

 

 
Le massacre de la Saint-Barthlemy est le massacre de protestants Paris, le 24 aot 1572, jour de la Saint-Barthlemy. Ce massacre s'est prolong pendant plusieurs jours dans la capitale, puis s'est tendu plus d'une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes.

Cet pisode tragique des Guerres de religion rsulte d'un enchevtrement complexe de facteurs multiples, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la consquence des dchirements militaires et civils de la noblesse franaise entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Chtillon-Montmorency. Il est le rsultat d'une sauvage raction populaire, ultra-catholique et hostile la politique royale d'apaisement. Il reflte galement les tensions internationales entre les royaumes de France et d'Espagne, avives par l'insurrection aux Pays-Bas.

Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mre Catherine de Mdicis les principaux responsables du massacre. Au dbut du XVIIe sicle, faute de sources, les historiens sont encore partags sur le rle exact de la couronne. Ils retiennent que seuls les chefs militaires du clan protestant taient viss par l'ordre royal. Ds le matin du 24 aot, Charles IX avait ordonn l'arrt des tueries mais dpass par le zle et la fureur du peuple, il n'avait pu les empcher.

S

Le massacre de la Saint-Barthlemy se place la suite d'une srie d'vnements dont il est la consquence :

la paix de Saint-Germain-en-Laye qui met fin la troisime guerre de religion, le 8 aot 1570,
le mariage entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, le 18 aot 1572,
l'assassinat rat de l'amiral de Coligny, le 22 aot 1572.
 Une paix et un mariage impopulaires [modifier]
La paix de Saint-Germain met fin trois annes de terribles guerres civiles entre catholiques et protestants. Cette paix est prcaire car les catholiques les plus intransigeants ne l'acceptent pas. Le retour des protestants la cour de France les choque, mais la reine mre Catherine de Mdicis et son fils le roi Charles IX sont dcids ne pas laisser la guerre reprendre. Conscients des difficults financires du royaume, ils dfendent la paix et laissent Gaspard de Coligny, le chef des protestants, revenir dans le conseil royal. Pour concrtiser la paix entre les deux partis religieux, Catherine de Mdicis projette de marier sa fille Marguerite de Valois avec le prince protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Le mariage princier est prvu le 18 aot 1572. Il n'est accept ni par les catholiques intransigeants, ni par le pape. Celui-ci et le roi d'Espagne, Philippe II, condamnent vigoureusement la politique de la reine mre.

 Une ville sous tension [modifier]
 
Le chteau de Madrid, lieu de rsidence de la cour pendant l't 1572Le mariage est clbr le 18 aot 1572, occasion de festivits grandioses auxquelles sont convis tous les grands du royaume, y compris les protestants, dans un esprit de concorde et de rconciliation. Le mariage occasionne la prsence Paris d'un trs grand nombre de gentilhommes protestants venus escorter leur prince. Or, Paris est une ville farouchement anti-huguenote. Les Parisiens, catholiques l'extrme, n'acceptent pas leur prsence. Du fait du martlement des prdicateurs, capucins au premier chef, le mariage d'une princesse de France avec un protestant leur est en horreur. Le peuple parisien est trs mcontent. En outre, les rcoltes ont t mauvaises. Les hausses des prix et le luxe dploy l'occasion des noces royales accentuent la colre du peuple.

La cour est elle-mme trs tendue. Catherine de Mdicis n'a pas obtenu l'accord du pape pour clbrer ce mariage exceptionnel. Par consquent, les prlats franais hsitent sur l'attitude adopter. Il faut toute l'habilet de la reine mre pour convaincre le cardinal de Bourbon dunir les poux. Par ailleurs, les rivalits entre les grandes familles rapparaissent. Les Guise ne sont pas prts laisser la place aux Montmorency. Franois, duc de Montmorency et gouverneur de Paris, ne parvient pas contrler les troubles urbains. Cdant face au danger parisien, il prfre quitter la ville quelques jours aprs le mariage.

 La tentative d'assassinat de Coligny [modifier]
 
Gravure allemande reprsentant l'attentat perptr contre Coligny.Le 22 aot 1572, un attentat par tir d'arquebuse est perptr contre Gaspard de Coligny. Celui-ci sen tire avec un doigt arrach et une blessure au bras gauche. Les soupons sorientent trs vite vers des proches des Guise et on dsigne (probablement tort) la complicit de la reine mre, Catherine de Mdicis. Pourquoi cet attentat ? Peut-tre pour saboter le processus de paix. Mais les plus exalts y voient une punition divine. Si aujourd'hui, il est impossible de connatre l'instigateur de cet attentat, l'historiographie a retenu trois noms :

Les Guise : ce sont les suspects les plus probables. Meneurs du parti catholique, ils veulent venger la mort de Franois de Guise, assassin dix ans auparavant, sur l'ordre de Coligny, selon eux. Le coup de feu tir sur l'amiral est tir depuis une maison appartenant un de leurs familiers. Le cardinal de Lorraine et le duc d'Aumale et la duchesse douairire de Guise Antoinette sont les membres de la famille les plus dtermins. Nanmoins, certains historiens pensent que les Guise taient beaucoup trop soucieux de revenir en grce auprs du roi pour commettre l'imprudence de l'irriter contre eux.
Le duc d'Albe gouverneur des Pays-Bas au nom de Philippe II : Coligny projette d'intervenir militairement aux Pays-Bas pour les librer du joug espagnol, suivant l'alliance qu'il avait contracte avec les Nassau. Au mois de juin, il a envoy plusieurs troupes clandestines au secours des protestants de Mons, assigs par le duc d'Albe. Suite au mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, Coligny espre enfin dclencher la guerre contre l'Espagne afin de consolider davantage l'union entre catholiques et protestants franais. Aux yeux des Espagnols, l'amiral reprsente donc une menace. Toutefois, la correspondance de don Diego de Zuiga, ambassadeur espagnol en France, du duc d'Albe ou de Philippe II ne permet pas de prouver l'implication de la couronne espagnole dans l'attentat contre le chef huguenot. Au contraire, Don Diego de Zuiga juge dans ses dpches que la prsence de l'amiral aux cts de Charles IX constitue plutt un frein la guerre ouverte aux Pays-Bas : selon l'ambassadeur, la couronne franaise ne jetterait pas le masque et continuerait pratiquer une guerre couverte contre l'Espagne afin de ne pas renforcer inconsidrment l'influence de Coligny en le plaant officiellement la tte de troupes royales[1].
Catherine de Mdicis : selon la tradition, Coligny aurait acquis trop d'influence sur le jeune roi. Charles IX en aurait fait son favori en l'appelant familirement mon pre . Invitablement, la reine mre en aurait conu de la jalousie ainsi qu'une vive crainte de voir son fils entraner le royaume dans une guerre aux Pays-Bas contre la puissance espagnole, conformment aux conseils politiques de l'amiral. Cependant, la plupart des historiens contemporains trouvent difficile de croire en la culpabilit de Catherine de Mdicis au vu de ses efforts accomplis pour la paix intrieure et la tranquillit de l'tat. Par ailleurs, il n'est pas prouv que Coligny exert une influence dcisive sur Charles IX.
Enfin, il reste l'hypothse d'un acte isol, commandit par un personnage relativement peu important, proche du milieu guisard et pro-espagnol.
 Droulement [modifier]
 Une situation de crise [modifier]
La tentative d'assassinat de Coligny est l'vnement dclencheur de la crise qui va mener au massacre, autrement dit le premier acte de celui-ci. Les protestants s'lvent contre cet attentat contre leur chef le plus respect, et rclament vengeance. La capitale est au bord de la guerre civile entre les partisans des Guise et les huguenots. Pour rassurer Coligny et les protestants, le roi vient avec sa cour au chevet du bless, et lui promet justice. Devant la reculade du roi face aux protestants, les Guise font mine de quitter la capitale, laissant le roi et la reine mre dans le plus grand dsarroi. Charles IX et Catherine de Mdicis prennent peur de se retrouver seuls avec les protestants. Depuis la surprise de Meaux en 1567, la reine mre a toujours eu la plus grande apprhension l'gard des protestants. Pendant le repas de la reine mre, des protestants viennent bruyamment lui rclamer justice.

Le soir mme du 23 aot, le roi aurait tenu une runion avec ses conseillers (le conseil troit ) pour dcider de la conduite suivre. S'y trouvaient la reine mre, le duc d'Anjou, le garde des sceaux Ren de Birague, le marchal de Tavannes, le baron de Retz, et le duc de Nevers. Il n'existe aucun document permettant d'affirmer avec certitude que la dcision d'abattre les principaux chefs militaires protestants ait t prise lors de cette runion. Vu les circonstances, le conseil dcida de procder une justice extraordinaire et l'limination des chefs protestants fut dcide. Il s'agissait de mettre hors d'tat de nuire les capitaines de guerre protestants. Le conseil pargna les jeunes princes du sang, le roi de Navarre et le prince de Cond.

 La premire Saint-Barthlemy [modifier]
 
Le Louvre d'Henri II
Le massacre de la Saint-Barthlemy par Giorgio Vasari, 1572-1573Peu de temps aprs cette dcision, les autorits municipales de Paris furent convoques. Il leur fut ordonn de fermer les portes de la ville et d'armer les bourgeois afin de prvenir toute tentative de soulvement. Le commandement des oprations militaires fut confi au duc de Guise et son oncle le duc d'Aumale. Ils ont l'appui des princes connus pour leur intransigeance au sein du cercle royal ; le duc de Nevers, le duc de Montpensier et le btard d'Angoulme.

Faute de concordance des sources, il n'est pas possible aujourd'hui pour les historiens de dterminer la chronologie des oprations. Le moment exact o commena la tuerie reste toujours incertain.

Le commando du duc de Guise fut men rue de Bthisy, au logis de l'amiral de Coligny qui fut tir de son lit, achev et dfenestr.

Les nobles protestants logs au Louvre furent vacus du palais puis massacrs dans les rues avoisinantes (on comptait parmi eux Pardaillan, Saint-Martin, Sources, Armand de Clermont de Piles, Saint-Jean-d'Angely, Beaudin, Puy Viaud, Berny, Quellenec, baron du Pons). Leurs corps rassembls devant le palais, furent dnuds, trans dans les rues puis jets dans la Seine[2].

Les troupes de Guise s'attaqurent ensuite aux chefs protestants logs dans le faubourg Saint-Germain (qui tait cette poque encore en dehors de la ville). Le contretemps apport par la fermeture des portes de la ville et la disparition de ses cls permit aux protestants d'organiser une riposte et de s'enfuir (comme Caumont ou Montgomery).

Ces assassinats cibls constituent le deuxime acte du massacre.

 La seconde Saint-Barthlemy [modifier]
Le troisime acte dbute au cours de la nuit : l'opration militaire dgnre en massacre gnralis de tous les protestants, sans considration d'ge, de sexe ou de rang social. Alerts par le bruit et l'agitation de l'opration militaire, les Parisiens les plus exalts se laissent emporter par la peur et la violence. Ils attribuent tort le trouble nocturne aux protestants et se mettent les poursuivre, pensant agir pour la dfense de leur ville. Ce serait pour cette raison que le tocsin aurait sonn la cloche de l'glise Saint-Germain-l'Auxerrois, proche du Louvre, tocsin rapidement repris par d'autres clochers de la ville[3].

La tuerie parisienne dure plusieurs jours, malgr les tentatives du roi pour la faire arrter. Enferms dans une ville quadrille par la milice bourgeoise, les protestants ont peu de chance de s'en sortir. Leurs maisons sont pilles et leurs cadavres dnuds et jets dans la Seine. Certains parviennent se rfugier chez des proches mais les maisons des catholiques tenus en suspicion sont galement fouilles[4]. Ceux qui manifestent leur hostilit au massacre prennent le risque de se faire assassiner. Le massacre touche galement les trangers et notamment les Italiens[5].

La floraison inopine d'une aubpine dans le cimetire des Innocents au matin du 24 aot perue comme un signe divin renforce la conviction du peuple du bien-fond de l'puration. Suivant un rituel purificateur, le cadavre de Coligny, retrouv par la foule, est mascul, plong dans la Seine o il pourrit trois jours avant dtre pendu au gibet de Montfaucon[6].

Ds le matin du 24 aot 1572, le roi ordonna en vain larrt du massacre. Il prit diffrentes mesures pour rtablir l'ordre et tenter de protger vainement la vie des gens menacs. Le roi envoya notamment le duc de Guise et le duc de Nevers protger les protestants bnficiant dun statut ou dun rang particulier. Cest le cas de lhtel de lambassadeur dAngleterre Francis Walsingham o des protestants avaient trouv refuge et que les parisiens exalts taient en train dassiger[7]. Dautres personnes avaient trouv refuge lhtel de Guise et l'htel de Nemours, o la tante protestante du roi Rene de France stait rfugie avec une partie de sa maison. Les familiers de la famille royale comme les Crussol, Antoine et Louise, furent protgs et les princes et les princesses de sang trouvrent un abri sr derrire les murs du Louvre.

Le 26 aot, le roi tint un lit de justice o il endossa la responsabilit de l'excution des chefs de guerre protestants. Il dclara alors qu'il avait voulu :

prvenir l'excution d'une malheureuse et dtestable conspiration faite par ledit amiral, chef et auteur d'icelle et sesdits adhrents et complices en la personne dudit seigneur roi et contre son tat, la reine sa mre, MM. ses frres, le roi de Navarre, princes et seigneurs tant prs d'eux.
 La saison des Saint-Barthlemy [modifier]
Averties par des tmoins, des courriers de commerants, encourages par des agitateurs comme le comte de Montsoreau dans le val de Loire[8], les villes de province dclenchrent leurs propres massacres. Le 25 aot, la tuerie atteint Orlans (o elle aurait fait un millier de victimes) et Meaux ; le 26, La Charit-sur-Loire ; le 28 et 29, Angers et Saumur ; le 31 aot, Lyon ; le 11 septembre, Bourges ; le 3 octobre, Bordeaux ; le 4 octobre Troyes, Rouen, Toulouse ; le 5 octobre, Albi, Gaillac ; Bourges, Romans, Valence, Orange, furent aussi touches. On manque de sources pour reconstituer la violence dans d'autres villes.

La raction des autorits est variable : parfois elles encouragent les massacres, comme Meaux o cest le procureur du roi qui en donne le signal[9], ou encore Bordeaux (le massacre est organis par le Parlement), Toulouse (le duc de Joyeuse, gouverneur, y est trs favorable)[10]. Assez souvent, elles tentent de protger les huguenots, en les mettant en prison (au Mans, Tours). Cela ne marche pas toujours, et les prisons sont forces et les protestants y sont massacrs (comme Lyon, Rouen, Albi). Les gouverneurs militaires contredisent ceux qui prtendent que le roi ordonne et approuve les massacres (ce qui ne suffit pas toujours les empcher). Au total, le nombre de morts est estim 3 000 Paris, et de 5 000 10 000 dans toute la France.

 Les ractions en Europe [modifier]
 
Mdaille commmorative l'effigie du pape Grgoire XIII.En apprenant la nouvelle du massacre, le pape Grgoire XIII fit chanter un Te Deum et une mdaille l'effigie du souverain pontife fut frappe afin de clbrer l'vnement. Il commanda galement au peintre Vasari une srie de fresques relatant le massacre (ci-dessus, un dtail de la peinture toujours prsente dans la Sala Regia au Vatican). Philippe II d'Espagne fit part de sa satisfaction et aurait dclar : C'est le plus beau jour de ma vie . lisabeth Ire d'Angleterre prit le deuil et fit faire le pied de grue l'ambassadeur franais avant de paratre accepter, pour raisons diplomatiques, la thse du complot huguenot et du massacre prventif . En mmoire de ce massacre, les Genevois firent maigre et jenrent, ce qui tait courant en ces temps difficiles[11].

 Consquences [modifier]
Le massacre de la Saint-Barthlemy entrane un changement complet de la question religieuse en France.

Sous la pression des catholiques intransigeants et probablement dans l'espoir de rtablir plus vite qu'ils ne l'auraient cru l'unit de la foi, Charles IX et Catherine de Mdicis dcident de modrer radicalement la politique de conciliation mene l'gard des protestants. Parmi les nombreuses mesures discriminatoires prises dans les mois qui suivirent le massacre, ils font interdire l'exercice de leur culte. L'dit de Saint-Germain est annul[12].

Si les protestants gardent la libert de conscience, le roi encourage vivement les conversions[13]. Le roi et sa mre cherchent obtenir celles de leurs proches et avec leur appui le cardinal de Bourbon obtient celles de ses neveux et nices, princes et princesses de sang. Le roi de Navarre abjure ainsi le protestantisme le 26 septembre. Le prince et la princesse de Cond sont remaris selon le rite catholique le 4 dcembre Saint-Germain-des-Prs. Durant le mois de novembre, les gouverneurs reoivent galement l'ordre de rassembler les gentilshommes protestants et de les persuader se convertir. Henri de Guise parvient ainsi radiquer le protestantisme dans son gouvernement de Champagne. Mais dans la plupart des cas, ce sont des conversions forces qui ont lieu dans le royaume. A Rouen, 3000 protestants abjurent[14]. Sous la pression et les menaces, les communauts protestantes s'essoufflent et se dissolvent dans les lieux o elles sont minoritaires. En revanche, les communauts de la moiti sud de la France, beaucoup plus importantes parviennent plus facilement rsister.

Jusqu' la fin de l'anne 1572, les exactions entranrent une trs forte hausse des rfugis. Beaucoup se rfugirent Genve qui prit le surnom de cit du refuge . En effet, au lendemain de ces vnements, la ville accueillait dix vingt rfugis par jour.[15].

A l'issue du massacre, Charles IX dcide galement de sacrifier les chefs protestants partis la rescousse de Mons. Aprs la capitulation de la ville, le 19 septembre, les franais (600 800 hommes) obtiennent du duc d'Albe la concession de rentrer en France mais ils sont limins une fois passe la frontire. Le parti huguenot est dsormais priv de ses chefs militaires, hormis quelques-uns protgs par le roi comme Acier, La Noue et Snarpont[16]. Le roi espre maintenant rtablir son autorit sur tout le royaume. Il entreprend des ngociations avec la ville de La Rochelle qui fait figure de capitale pour les protestants. L'chec de ces pourparlers dbouchera sur la quatrime guerre de religion.

Au niveau politique, les vnements de la Saint-Barthlemy entranent une remise en cause profonde de la nature du pouvoir royal. Les monarchomaques pensent que le pouvoir du roi doit tre limit (notamment par la tenue rgulire des tats gnraux). La rflexion nat chez les protestants l'issue du massacre et se diffuse dans le courant de l'anne 1573 chez les catholiques modrs hostiles la puissance autoritaire de la monarchie. Elle dbouche sur la mise en place des Provinces de l'Union et sur la conjuration des Malcontents (1574).

 Interprtation historiographique [modifier]
 Tradition historiographique [modifier]
 
extrait du tableau peint par Franois Dubois
Catherine de Mdicis est reprsente en train de dvisager les cadavresLa dmesure de la tragdie explique la difficult qu'ont eu les contemporains comprendre ce qui s'tait pass. Le massacre de la Saint-Barthlemy est devenu trs tt un enjeu historiographique. Face aux contradictions de la politique royale, chacun y est all de son interprtation personnelle. La premire hypothse donne par les contemporains est que le massacre avait t prmdit. Catherine de Mdicis aurait attir les protestants Paris pour mieux s'en dbarrasser[17].

Ultrieurement, les historiens ont cherch l'explication de la contradiction de la politique royale dans l'antagonisme qui aurait exist entre le roi et sa mre. Jaloux de l'influence que l'amiral aurait exerc sur son fils, Catherine de Mdicis aurait commandit son assassinat, dclenchant un phnomne qu'elle n'avait pas forcment prmdit. Panique l'ide d'tre dcouverte et de subir la vengeance des protestants, avec l'aide de ses conseillers, elle aurait forc la main un roi hsitant et vellitaire pour dcider l'excution des principaux chefs militaires. C'est l'hypothse qui a perdur le plus longtemps[18].

La difficult qu'ont eue les historiens donner une explication au massacre rsulte de la partialit des sources contemporaines. Chez les protestants, les crivains nhsitent pas exagrer les chiffres des morts et transformer lvnement comme rsultant du seul fait religieux. Du ct catholique, les protagonistes cherchent se disculper en rejetant la faute sur lautre, cest le cas du marchal de Saulx-Tavannes, ou encore de Marguerite de Valois, qui dit n'avoir jamais rien su. D'autres comme De Thou ont tent de reconstituer les faits quelques dcennies plus tard sans parvenir se dgager des crits polmiques.

En revendiquant le massacre, Charles IX en est devenu le principal responsable devant la postrit. La tradition populaire n'a finalement retenu que l'aspect religieux du massacre. Sous la Rvolution franaise, Marie-Joseph Chnier met en scne Charles IX ou la Saint Barthlemy (1789) une pice de thtre qui connat un grand succs populaire. Lpoque est la dchristianisation et le massacre de la Saint-Barthlemy est utilis pour vituprer le fanatisme catholique. Au XIXe sicle, l'historiographie traditionnelle est prennise par des auteurs succs comme Alexandre Dumas (La Reine Margot crit en 1845).

 Nouvelle orientation historiographique [modifier]
A la fin du XXe sicle, plusieurs historiens ont remis en cause l'explication traditionnelle du massacre. L'historienne protestante Janine Garrisson qui l'avait reprise dans les annes 1980, a reconsidr elle-mme son interprtation dans ses dernires publications. Si aujourd'hui, les historiens dissocient l'excution des chefs protestants du massacre populaire proprement dit, ils dbattent encore des responsabilits de la famille royale. L'enjeu est de connatre le degr de leur implication ou de leur inaction dans l'organisation du massacre.

Pour Jean-Louis Bourgeon, ce sont les Parisiens, les Guise et les agents du roi Philippe II d'Espagne qui sont les vritables responsables de l'attentat et du massacre. Charles IX et Catherine de Mdicis y seraient absolument trangers. L'historien souligne l'tat quasi-insurrectionnel de la ville au moment du mariage. En dcembre 1571, plusieurs maisons protestantes avaient dj t pilles. Les Guise, trs populaires Paris, ont profit de cette situation pour faire pression sur le roi et la reine mre. Charles IX aurait donc t contraint de prcder la future meute, qui aurait t le fait des Guise, de la milice bourgeoise et du peuple.
Denis Crouzet replace le massacre dans le contexte idologique de l'poque : le noplatonisme. Charles IX et Catherine de Mdicis n'ont pu avoir le dessein d'assassiner Coligny, car c'et t contraire leur dsir de maintenir l'harmonie et la concorde autour de la personne royale. C'est une fois que l'assassinat consomme la rupture et que la guerre civile menace de nouveau l'quilibre, que la position du roi et de la reine mre change. Par crainte de voir la guerre reprendre et une insurrection protestante clater, ils auraient choisi d'touffer celles-ci dans l'uf. Le principe no-platonicien cher Catherine de Mdicis qui tend conserver l'unit autour de la personne du roi, les a pousss sacrifier les principaux chefs protestants et consentir malgr eux au massacre.
Selon Thierry Wanegffelen, l'un des principaux responsables de la famille royale dans cette affaire est le duc d'Anjou, frre du roi. la suite de l'attentat manqu contre lamiral de Coligny, quil attribue aux Guise et l'Espagne, les conseillers italiens de Catherine de Mdicis ont sans doute prconis en Conseil royal le meurtre d'une cinquantaine de chefs protestants pour profiter de l'occasion d'liminer le danger huguenot, mais la reine mre et le roi s'y sont trs fermement opposs. Cependant Henri d'Anjou, lieutenant gnral du royaume, prsent cette sance du Conseil, a pu voir dans l'accomplissement de ce crime dtat une bonne occasion de s'imposer au gouvernement. Il a pris contact avec un autre jeune homme ambitieux, en mal d'autorit et de pouvoir, le duc Henri de Guise (dont l'oncle, le clairvoyant cardinal Charles de Lorraine tait alors retenu Rome), et avec les autorits parisiennes. La Saint-Barthlemy parisienne est issue de cette conjonction d'intrts, et elle s'explique d'autant mieux que les hommes du duc d'Anjou agissaient au nom du lieutenant gnral du royaume, donc dans les mentalits de l'poque, au nom du roi. On comprend pourquoi, le lendemain du dclenchement du massacre, Catherine de Mdicis fait condamner ces crimes par dclaration royale de Charles IX , et menace les Guise de la justice royale. Mais lorsque Charles IX et sa mre ont appris l'implication du duc d'Anjou, ils se sont trouvs lis son entreprise, si bien qu'une seconde dclaration royale, tout en demandant la fin des massacres, en prte l'initiative la volont de Charles IX de prvenir un complot protestant. Dans un premier temps le coup dtat de Henri d'Anjou est un succs, mais Catherine de Mdicis se serait ingnie l'carter du pouvoir en France : elle l'envoie avec l'arme royale s'enliser devant La Rochelle et le fait lire roi de Pologne.
 Les faits remis en cause [modifier]
La fameuse phrase prononce par le roi, le soir du 23 aot. Il se serait cri de colre, sous les conseils rptitifs de sa mre, excd : Eh bien soit ! Quon les tue ! Mais quon les tue tous ! Quil nen reste plus un pour quon ne puisse me le reprocher ! .
 Chronologie [modifier]
1571
11 octobre : bataille de Lpante
dcembre : meute parisienne anti-protestante pour empcher la destruction de la croix Gastine, ordonne par le roi. Cette croix avait t rige pour commmorer la mort des frres Gastine, deux marchands protestants : ils avaient t assassins et leur maison incendie durant la dernire guerre.
1572
janvier : arrive Blois du lgat Alessandrino charg par le pape de faire entrer la France dans la ligue chrtienne et proposer un prince du Portugal pour Marguerite de France.
arrive Blois de Sir Thomas Smith ambassadeur extraordinaire de l'Angleterre pour faire entrer la France dans la ligue protestante
21 fvrier: refus officiel de Charles IX d'entrer dans la ligue chrtienne du pape
3 mars : arrive Blois de Jeanne dAlbret et de Louis de Nassau
11 avril : signature du contrat de mariage entre Marguerite et Henri de Navarre. La dot est de 300 000 cus d'or.
19 avril : signature du trait d'alliance entre la France et l'Angleterre. Les deux pays doivent se porter mutuellement secours contre l'Espagne.
1er mai : mort du pape Pie V
24 et 29 mai : prise de Mons et de Valenciennes par Louis de Nassau. Charles IX et Catherine de Mdicis quittent les bords de la Loire pour se rendre Paris.
5 juin : arrive du roi et de toute la cour Paris
9 juin : mort de Jeanne d'Albret
 prparatifs de la guerre contre l'Espagne
25 juin : grand conseil au chteau de Madrid (bois de Boulogne) pour dcider de la rupture avec l'Espagne, indcision et dpart du roi pour la chasse en rgion parisienne
8 juillet : entre de Navarre Paris
17 juillet : dfaite de Genlis, envoy par Coligny la tte de 4 000 hommes pour secourir Nassau enferm dans Mons
4 aot : retour Paris de Catherine de Mdicis et d'Henri d'Anjou, inquiets des projets militaires des protestants rests dans la ville.
9 aot : grand conseil o Catherine de Mdicis rsiste Coligny et son parti belliciste
10 aot : dpart de Catherine de Mdicis pour Montceaux o sa fille Claude est tombe malade et dpart des protestants pour Blandy (Melun) pour les noces du prince de Cond avec Marie de Clves
dimanche 17 aot : fianailles de Henri de Navarre et de Marguerite de France
lundi 18 aot : Mariage Notre-Dame de Paris et rception au Palais de la Cit
mardi 19 aot : bal chez le duc d'Anjou et soire au Louvre
mercredi 20 aot : pantomime-tournoi donne l'htel de Bourbon
jeudi 21 aot : tournoi sur la place du Louvre
vendredi 22 aot : attentat manqu contre Coligny (un peu avant midi) et visite du roi au chevet de l'amiral (vers 14 h)
samedi 23 aot : dans la nuit, lancement du massacre des chefs protestants
dimanche 24 aot : dbut du massacre gnral
mardi 26 aot : dclaration de Charles IX devant le parlement de Paris
 

 

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Massacre de la Saint-Barthlemy
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