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HOMERE

 

L'ILIADE

 

Chrysès offrant à Agamemnon une rançon pour Chryséis, cratère apulien à figures rouges du Peintre d'Athènes 1714, v. 360–350 av. J.-C., musée du Louvre

Chrysès offrant à Agamemnon une rançon pour Chryséis,
cratère apulien à figures rouges du Peintre d'Athènes 1714, v. 360–350 av. J.-C., musée du Louvre

 

 

 

 

 

L'Iliade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 
Elle est composée de 15 337 hexamètres dactyliques et, depuis l’époque hellénistique,
 divisée en 24 chants.

Le texte a probablement été rédigé entre 850 et 750 av. J.-C.
(dates déjà mentionnées par Hérodote), soit quatre siècles après les événements qu’il relate.

L’Iliade narre quelques-uns des événements de la dixième année de la guerre de Troie, commençant
 avec la colère d’Achille suite à la perte de Briséis et culminant avec le duel entre Achille
et Hector.
 Les premiers vers résument ainsi :


 « Chante, ô déesse, le courroux du Péléide Achille,
Courroux fatal qui causa mille maux aux Achéens
Et fit descendre chez Hadès tant d'âmes valeureuses
De héros, dont les corps servirent de pâture aux chiens
Et aux oiseaux sans nombre : ainsi Zeus l’avait-il voulu.[1] »
 

Il faut noter que le premier terme, μῆνις / mênis, qui veut dire « colère », est toujours employé
pour qualifier une colère divine, funeste. Achille est le seul mortel dont la colère soit appelée
dans tout le corpus homérique. C’est bien cette colère inhumaine qui est le thème-clef de l’épopée.

Le récit commencé dans l’Iliade se poursuit dans l’Odyssée et, d’un autre point de vue,
 dans l’Énéide de Virgile.

 

 Guerre de Troie.

La guerre de Troie dure depuis bientôt dix ans. Elle oppose les Achéens venus de toute la Grèce,
aux Troyens et leur alliés. Face à la cité fortifiée, les centaines de navires des assiégeants
reposent sur la plage et leurs servent de campement.


 Chant I  [modifier]

le chef des Achéens, retient prisonnière Chryséis, fille d'un prêtre troyen d'Apollon et le dieu
a envoyé une peste meurtrière sur l'armée. Le devin Calchas révélant la cause du mal, Achille adjure
 Agamemnon de rendre la prisonnière. Le roi finit par y consentir, mais décide de prendre en
dédommagement Briséis, une belle Troyenne captive d'Achille. Furieux et se sentant spolié, ce dernier
décide de cesser de combattre avec ses Myrmidons aux côtés des Achéens. Il invoque sa mère, la Néréide
 Thétis, qui obtient de Zeus la promesse d'une victoire troyenne.


 Chant II  [modifier]

Trompé dans son sommeil par un songe envoyé par Zeus, Agamemnon s'éveille certain de la victoire de
ses troupes. À l'agora, il raconte son rêve à ses alliés, puis pour les mettre à l'épreuve, feint de
vouloir quitter le siège de Troie. Les guerriers préparent leur retrait, mais Ulysse, roi d'Ithaque
 parvient à les dissuader de partir. Les deux armées s'apprêtent à combattre : les Achéens venus de
toute la Grèce sur un grand nombre de vaisseaux feront face aux troupes des chefs troyens et de leurs
 alliés dardaniens, lyciens, phrygiens et thraces.


 Chant III  [modifier]
 
Le troyen Pâris, fils du roi Priam, est saisi d'effroi à la vue de Ménélas, dont il a enlevé l'épouse,
 Hélène, causant par là-même le conflit. Suite aux durs reproches de son frère, le vaillant Hector,
Pâris propose aux Achéens un combat singulier l'opposant à Ménélas, afin d'éviter une hécatombe à son
peuple. Tandis que, du haut des remparts de Troie, Hélène énonce les chefs grecs à Priam, le serment
est conclu. Le duel s'engage, tournant rapidement à l'avantage de Ménélas, combattant expérimenté, au
détriment du frêle et jeune Pâris. Mais celui-ci est sauvé d'une mort certaine par l'intervention divine
d'Aphrodite, qui le soustrait au combat et le dépose dans Troie.


 Chant IV  [modifier]

Sur l’Olympe, Zeus souhaite faire reconnaître la victoire de Ménélas, afin qu'une paix soit conclue,
épargnant ainsi la ville. Mais Héra, qui souhaite ardemment la victoire des Achéens, demande à Athéna
de pousser les Troyens à violer leurs serments de paix. Athéna convainc alors Pandare de décocher une
flèche à Ménélas afin de briser la trève, ce qui survient effectivement.

Pendant la revue de ses troupes, Agamemnon exhorte au combat les plus grands de ses chefs — Idoménée,
les deux Ajax (Ajax fils de Télamon et Ajax fils d'Oïlée), Nestor, Ulysse et Diomède — et les
combats reprennent.


 Chant V  [modifier]

Dans la furie de la bataille, les Achéens galvanisés massacrent un grand nombre de Troyens.
Diomède s'illustre en particulier, soutenu par Athéna, tuant — entre-autres — Pandare et blessant Énée
 et sa mère, la déesse Aphrodite, venue le secourir. Les Dieux s'impliquent dans la bataille : Apollon
sauve Énée et exhorte son frère Arès à s'engager aux côtés des Troyens. Ces derniers se ressaisissent
et Hector, enflammé par les paroles de Sarpédon, mène ses troupes au combat. Inquiètes de ce retournement
de situation, Héra et Athéna s'arment et apportent leur concours aux Achéens défaits par Arès, qui est
 à son tour blessé par Diomède. Enfin, dieux et déesses remontent à l'Olympe porter leur discorde
devant Zeus.


 Chant VI  [modifier]

Le combat continue de faire rage, les meilleurs guerriers des deux camps s'affrontant mortellement.
 Cependant, après avoir évoqué les liens d'hospitalité qui unissaient naguère leurs ancêtres, Diomède
et Glaucos le Lycien cessent leur duel. Hector se retire du combat et regagne la ville où il demande
à Hécube, sa mère, de prier Athéna pour la victoire des Troyens. Les femmes rejoignent le temple de
la déesse. Près des portes Scées, Hector fait ses adieux à son épouse, Andromaque, et à son tout jeune
 fils Astyanax. Il retrouve ensuite son frère Pâris et le convainc de rejoindre la bataille avec lui.


 Chant VII  [modifier]

Guidé par les plans d'Apollon et d'Athéna, Hector provoque les chefs grecs en duel. C'est Ajax, le fils
 de Télamon qui est tiré au sort pour l'affronter. À la faveur de la nuit, le duel doit cesser sans
qu'un vainqueur ne puisse être désigné, bien qu'Hector soit blessé. Les deux hommes, en signe d'estime
et de respect, s'offrent de nombreux présents. Une trêve temporaire est décidée par les deux camps.
 Elle est mise à profit pour honorer les nombreux morts qui jonchent le champ de bataille.
 Les Achéens décident et mettent en œuvre la construction d'un fossé et de solides remparts devants
leurs navires déposés sur la plage.


 Chant VIII  [modifier]

Au petit jour, Zeus exige des dieux qu'ils restent neutres. Depuis les sommets du mont Ida surplombant
le champ de bataille, il pèse sur sa balance d'or les destinées des deux armées. Celle-ci penche en
faveur des Troyens et de fait, dès la reprise des combats, ils prennent l'avantage grâce à la fougue
 d'Hector, qui pousse ses troupes vers le rivage et les remparts des Achéens. Athéna et Héra ne peuvent
 rester sans agir face au repli des Grecs. Elles désobéissent à Zeus en secourant ces derniers, mais
sont rapidement et vertement rappelées à l'ordre. Quand la nuit tombe, pour ne pas perdre leur avantage,
 cinquante mille Troyens campent dans la plaine et leurs feux de camp sont pareils aux étoiles.


 Chant IX  [modifier]

Dans le campement achéen, l'inquiétude est grande. Agamemnon évoque la possibilité d'abandonner le siège
 et rejoindre la Grèce, ce à quoi Ulysse et Nestor sont farouchement opposés. La solution serait de
ramener Achille à la raison et de le convaincre de se joindre au combat. Agamemnon est prêt à s'excuser,
à rendre Briséis et à couvrir Achille de présents. Il lui envoie Ulysse, Ajax et Phœnix en ambassade
afin de le convaincre. Achille reçoit dignement et écoute ses compagnons mais reste inflexible : il a
l'intention de regagner sa patrie dès le lendemain, et propose à Phœnix de se joindre à lui.
 Les trois chefs grecs s'en retournent annoncer la mauvaise nouvelle à Agamemnon.


 Chant X  [modifier]

Afin de connaître les intentions des Troyens, le chef des Achéens, sur les conseils du sage Nestor,
décide d'envoyer Diomède et Ulysse espionner leurs ennemis. Dans le camp adverse, Hector envoie Dolon
en reconnaissance près du campement des Grecs. Mais Dolon est capturé par les deux espions achéens puis
exécuté après avoir livré des renseignements stratégiques. Durant le retour de cette expédition, Ulysse
et Diomède massacrent les chefs thraces, alliés des Troyens, endormis près du feu et ramènent leurs
chevaux auprès des navires. Cet exploit ravive l'espoir d'une victoire prochaine parmi les Achéens.


 Chant XI  [modifier]

Au matin, la bataille reprend, et sous la pression des exploits d'Agamemnon, les Troyens reculent
jusqu'aux remparts de leur cité. Mais Zeus envoie sa messagère Iris assurer Hector de son soutien et
lui indiquer de contre-attaquer dès qu'Agamemnon sera blessé, ce qui finit par survenir. Ulysse,
Diomède, Machaon et Eurypyle sont touchés à leur tour et les Grecs se replient vers leurs tentes.
Patrocle, le fidèle ami d'Achille, inquiet de voir revenir tans de braves guerriers durement blessés,
s'inquiète de la tournure que prennent les évènements. Sur les conseils de son compagnon, il court
s'informer auprès du vieux sage Nestor qui lui demande d'aller convaincre Achille de reprendre le combat.
Mais Patrocle va porter secours à Eurypyle dans sa tente. Le moral des Achéens est à nouveau au plus bas.


 Chant XII  [modifier]

Ayant poursuivi les fuyards dans la plaine, ce sont désormais les Troyens et leurs alliés qui assiègent
leurs ennemis avec une grande force. Sous les violents assauts d'Asios, de Sarpédon et Glaucos, les
remparts vacillent, malgré la résistance héroïque des meilleurs combattants achéens. Enfin, Zeus accorde
à Hector de franchir le large fossé à la tête de ses troupes et de fracasser les lourdes portes du
campement. Les combattants troyens se ruent dans cette brèche. À l'intérieur des remparts, Hector fait
 rage, selon les desseins de Zeus.


 Chant XIII  [modifier]
 
Refusant la défaite imminente des Achéens et la mise à sac de leur camp et de leurs navires, Poséidon
lui-même s'engage dans la bataille. Ainsi stimulés, Idoménée et Mérion, en furie, massacrent de nombreux
 Troyens, parmi lesquels Asios et son aurige Alcathoos. Les Troyens Énée, Pâris, Hélénos et Déiphobe
 s'illustrent également par leur bravoure et leurs ravages.

Malgré ces actes valeureux, les combattants troyens se replient temporairement sous une contre-attaque
des grecs. Mais épaulés par Zeus, ils reprennent le dessus et réinvestissent rapidement le campement achéen.


 Chant XIV  [modifier]

La situation est désespérée et Agamemnon propose à nouveau de sonner la retraite, mais Poséidon exhorte
les grecs, leur redonnant confiance. Héra, aidée d'Aphrodite, détourne Zeus de la bataille en le séduisant
et le laisse endormi sur les cimes du Gargare. Zeus ainsi neutralisé, Poséidon peut désormais secourir
efficacement les Achéens, qui mènent une contre-attaque rageuse et victorieuse, tuant de nombreux Troyens.
Hector lui-même est blessé et doit être évacué par ses compagnons auprès du fleuve Scamandre.


 Chant XV  [modifier]

A son réveil, Zeus, furieux d'avoir été trompé, intime à Poséidon l'ordre de se tenir à l'écart de la lutte.
Préoccupé par le sort d'Hector, il envoie à son chevet Apollon, qui a tôt fait de le guérir et l'inspirer.
Le valeureux Troyen peut alors à nouveau semer la mort et la panique dans les rangs des Grecs. Patrocle,
effrayé quitte son ami Eurypyle pour accourir vers Achille. Malgré une résistance héroïque d'Ajax auprès
des navires, les Achéens épuisés cèdent, et Hector parvient enfin à mettre le feu aux nefs.


 Chant XVI  [modifier]

Devant l'urgence de la situation, Achille autorise Patrocle à mener les Myrmidons au combat à condition
qu'il se contente de repousser les assaillants sans chercher à prendre la cité de Troie. Ayant revêtu les
armes divines qu'Achille lui a prêtées, Patrocle exhorte les Myrmidons. Il parvient à faire reculer les
combattants troyens et tue Sarpédon que Zeus ne parvient à sauver. Apollon est envoyé pour récupérer son
corps sans vie, et pour donner à Hector de l'ardeur au combat. Grisé par ses succès, Patrocle désobéit à
Achille et pousse sa contre-attaque jusqu'au remparts de Troie tuant encore le conducteur du char d'Hector.
Il est alors sauvagement tué par le prince troyen.


 Chant XVII  [modifier]

S'engage alors une âpre bataille autour du corps de Patrocle : Hector et Énée tentent de s'en emparer ainsi
que des chevaux d'Achille. Mais les Achéens, et Ménélas en particulier, défendent héroïquement la dépouille
de leur compagnon. Hector parvient cependant à en arracher les armes d'Achille, son casque et son armure.
Inspiré par Zeus, il repousse les combattants achéens vers les nefs, qui, soutenus par Mérion et les deux Ajax,
finissent par emporter le corps de Patrocle dans leur campement.


 Chant XVIII  [modifier]
 
C'est à Antiloque que revient la lourde tâche d'informer Achille de la mort de son compagnon. Accablé de douleur,
Achille jure de le venger et demande à sa mère Thétis de trouver Héphaïstos pour qu'il lui forge de nouvelles
armes. Le dieu se met au travail. Achille quitte sa tente et bondit hors du camp pour crier sa douleur et sa
rage, et ses hurlements épouvantent les Troyens. De leur côté, ceux-ci tiennent conseil, et le sage Polydamas
prodigue à Hector des conseils de prudence que ce dernier ignore. Son labeur achevé, Héphaïstos remet à Thétis
un bouclier magnifiquement orné, une cuirasse, un casque et des cnémides splendides pour Achille.


 Chant XIX  [modifier]

Devant l'armée achéenne, Achille se réconcilie avec Agamemnon. En échange de sa bonne volonté, il reçoit comme
prévu un grand nombre de présents, dont la belle Briséis, qu'Agamemnon jure n'avoir jamais possédée.
En préparation de la bataille à venir, les guerriers se restaurent, mais Achille, voulant se consacrer uniquement
à la vengeance de son compagnon, refuse toute nourriture. Équipé de ses nouvelles armes, il souhaite partir
au combat sur le champ, malgré les avertissements de son cheval Xanthos qui lui promet une mort prochaine.


 Chant XX  [modifier]

La discorde règne chez les dieux, que Zeus autorise à intervenir dans la bataille. Chacun choisit son camp et
fourbit ses armes. Malgré l'épouvante des Troyens à la vue d'Achille, Enée s'élance vaillamment contre lui,
inspiré par Apollon. Loin d'égaler Achille au combat, il est vaincu mais sauvé par Poséidon. Hector et Achille,
parvenus à portée de voix, commencent à s'affronter, mais Apollon, inquiet pour la vie d'Hector, fait
disparaitre celui-ci du champ de bataille. Furieux, Achille fait un grand massacre parmi les Troyens affolés.


 Chant XXI  [modifier]

Sous les coups d'Achille, de nombreux combattants de Troie se jettent et périssent dans le fleuve Scamandre,
révolté d'être ainsi souillé du sang des guerriers. Aidé du fleuve Simoïs, le Scamandre combat farouchement
Achille, manquant de le noyer. Héra envoie alors Héphaïstos, qui parvient à faire reculer le fleuve de son
souffle brûlant. Dans la bataille, Apollon dresse Agénor contre Achille, puis finit par prendre sa place et
simulant la fuite, autorise ainsi la retraite des Troyens vers leur cité.


 Chant XXII  [modifier]

Hector, malgré les supplications de ses parents Priam et Hécube, s'est résolu à combattre Achille, et l'attend
seul, devant les remparts de Troie. Mais à la vue de son ennemi, il est épouvanté et prend la fuite. Tandis
qu'Achille poursuit Hector le temps de faire trois fois le tour de la cité, Zeus pèse sur sa balance d'or les
destinés des deux guerriers : Hector est condamné. Athéna, déguisée, ramène Hector à la raison et le convainc
d'affronter son destin et Achille. Le combat ne dure guère mais avant de mourir, Hector révèle à Achille qu'il
périra sous les coups de son jeune frère Pâris. Le vainqueur se saisit de la dépouille de son ennemi qu'il
attache à son char et traîne jusqu'au vaisseaux grecs sous les yeux éplorés des Troyennes, parmi lesquelles
 Andromaque, l'épouse d'Hector.


 Chant XXIII  [modifier]
 
Patrocle apparait en songe à son compagnon. Tous les Achéens se consacrent au deuil : de nombreux sacrifices
sont consentis et la dépouille du jeune homme est brûlée selon la tradition. Un tombeau est élevé, et les
cendres et os de Patrocle sont recueillis en attendant d'être réunis avec ceux d'Achille. Ce dernier organise
des jeux funèbres qu'il dote de nombreux prix. Ainsi les guerriers peuvent montrer leur valeur à la course de
char, à la lutte ou encore à la course à pieds.


 Chant XXIV  [modifier]

Achille ne peut trouver le sommeil. Pendant dix jours, il traîne chaque matin, le corps d'Hector avec son char
autour du tombeau de Patrocle. Mais les dieux, prenant en pitié la famille du Troyen, réprouvent son
comportement et par un procédé divin, conservent à la dépouille son bel aspect. Zeus exige de Thétis qu'elle
aille convaincre son fils de rendre la dépouille à Priam. Priam, protégé par Hermès, traverse en secret les
lignes ennemies pour être reçu dans la tente d'Achille. Là, il supplie ce dernier au nom de Pélée de lui rendre
son fils en échange de présents. Achille y consent et propose à Priam le gîte et le couvert.
Conciliant, Achille accepte également de retenir les troupes achéennes pendant dix jours, le temps pour les
Troyens d'organiser des funérailles décentes à Hector. De retour à Troie, le corps du prince est présenté à
la foule en larmes et de longues funérailles sont organisées.

                                                        ------°-------

 

Passage de l'Odyssée sur la mort d'Achille

 

Mais les jours d'Achille sont comptés, il meurt peu après, au pied des murailles de Troie, le talon, son point faible,

percé d'une flèche tirée par Pâris guidé par Apollon, ou par Apollon lui-même. Plusieurs mythes divergent quant

à sa mort : soit elle a lieu sur le champ de bataille, soit dans le temple d'Apollon, en s'apprêtant à trahir les Grecs

pour épouser Polyxène, fille du roi Priam, dont il était tombé amoureux. Ses funérailles sont contées dans le chant

 XXIV de l'Odyssée par l'âme d'Agamemnon, ainsi que dans le livre III de La Suite d'Homère de Quintus de Smyrne.

 Ses cendres sont mêlées à celles de Patrocle et d'Antiloque dans une urne d'or. Il fut enseveli, au milieu des pleurs

et de gémissements, sur le rivage de l'Hellespont et ne connut donc pas la victoire finale des Grecs.

 

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 L’Iliade dans la culture grecque  [modifier]

 L’Iliade est le texte majeur de la littérature grecque, aussi important sinon plus que ne le sont les œuvres
 de Shakespeare pour les anglo-saxons, ou de Dante pour les Italiens. Dans l’Antiquité, il était appris par cœur,
 in extenso, par les jeunes gens de bonne famille, ce qui faisait d’Homère, selon le mot de Platon
 (qui le déplorait), l’« instituteur de la Grèce »

Poème de la guerre ou « poème de la force » (Simone Weil), il résume parfaitement, selon les Grecs anciens,
leur modèle aristocratique en la figure d’Achille, prêt à sacrifier une longue vie à une gloire impérissable.
Henri-Irénée Marrou, dans son Histoire de l’éducation dans l’Antiquité (1948), explique ainsi :

« Beaucoup plus que l’Ulysse du Retour, c’est la noble et pure figure d’Achille qui incarne l’idéal moral
du parfait chevalier homérique ; il se définit d’un mot : une morale héroïque de l’honneur. C’est dans Homère
que chaque génération antique a trouvé ce qui est l'axe fondamental de cette éthique aristocratique :
 l'amour de la gloire. »

Deux types de gloires, d’honneurs (τιμή / timḗ) sont montrées dans l’Iliade :

l’honneur du chef, celui d’Agamemnon, le rang social ;
l’honneur du guerrier, la gloire personnelle, celle que recherche Achille.
L’Iliade voit le triomphe de la gloire vantée par Achille, κλέος ἄφθιτον / kléos áphthiton, la « gloire
impérissable » (IX, 413) qui s’acquiert par une « belle mort », jeune, sur le champ de bataille.

Plus tard, cet amour de la gloire personnelle sera transformé. Tyrtée, le poète spartiate, chante ainsi la
gloire immortelle qu'’l y a à défendre sa patrie : pour le guerrier mort ainsi, « jamais sa noble gloire ne
 périt, ni son nom, mais bien qu’il demeure sous terre, il est immortel » (9 D, 27 sq., trad. C. Patro).
Dans l’Iliade, Achille n’est pas un guerrier patriote. Quand il reprend les armes, ce n'est pas pour les Grecs
 qu’il combat. Son départ pour Troie, ses combats, sa colère et sa décision de reprendre les armes sont
profondément individuels, voire égoïstes. Et quand il décide d’affronter Hector, sachant qu’il mourra ensuite
 s’il le fait, ce n’est pas pour les Grecs mais pour venger Patrocle.

En même temps, l’Iliade représente une lente décomposition des valeurs et des codes héroïques et chevaleresques,
 le cosmos (κόσμος, univers ordonné) pour basculer dans la sauvagerie, le chaos. Ainsi, selon Jean-Pierre Vernant
 (Entre mythe et politique, Seuil, 1984), les héros grecs comme troyens cessent progressivement de considérer
 l’adversaire comme le partenaire d’un combat loyal pour le transformer en proie — témoin la mutilation sauvage
 par Achille du corps d’Hector. Cette sauvagerie n’est rédimée qu’à la fin de l'épopée, quand Priam vient
réclamer le corps de son fils et qu’Achille, selon Vernant, comprend les limites du monde héroïque dans
 lequel il se meut.


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